Il faut toujours un début…

Il y a toujours un début à tout… C’est ce que dit l’adage (et il serait bien difficile d’aboutir à une fin sans début – bien qu’une fois le cercle fermé ? Enfin passons). Donc après plusieurs nouvelles envoyées à des appels à texte et en attente de réponse, je passe à un autre projet de plus longue haleine : l’écriture d’un roman (en l’occurence le premier).

Et comme je suis du genre à aimer à réfléchir à mon univers, l’intrigue et la structure avant d’attaquer, voici plusieurs semaines que je suis sur la documentation et un début de synopsis. On se dirige tout droit dans un Paris cyberpunk entremêlé de réalité virtuelle. Pas de titre pour l’instant alors comment l’appeler ? Un petit nom de code comme les pré-versions de Windows et autres joyeusetés informatiques ? Aucune idée pour l’instant, c’est juste « mon gros projet ».  Ou je vais suivre le 2e conseil de ce lien et appelez celà « mon petit projet ».

En tout cas je vous tiendrais au courant de l’avancée de cette nouvelle aventure…

Nouvelle rubrique

Aujourd’hui, les habitués découvriront une nouvelle rubrique dans le menu principal : « Textes en ligne », une section où je regrouperais des textes de mon cru et non publiés en d’autres lieux. Bien souvent de petits moments d’écriture, parfois des textes issus d’atelier d’écriture.

La rubrique s’agrémentera de contenu au grès des envies, voici comme 1er texte « Epitaphe sous un ciel chargé », un nouvelle en une phrase (avec des mots imposés) sur un futur lugubre : https://ndelalondre.wordpress.com/textes-en-ligne/epitaphe-sous-un-ciel-charge/ .

A très bientôt pour d’autres moments d’écriture.

Nicolas

Kindle : petit retour

Petit test de mon Kindle : celui de la batterie.

Alors après des conditions de lecture classiques pour moi : trois à quatre heures par jour, tous les jours avec des réglages de luminosité différents selon le contexte et le WIFI désactivé, la batterie a duré 11 jours.

11 jours de Kindle qui m’auront notamment permis de lire « Black Man » et « Anges déchûs » de Richard K Morgan.

Une bonne autonomie qui ne devrait pas déranger les lecteurs assidûs ;-).

Un nouveau Baxter

Les éditions Le Bélial’ vont publier en février un quatrième tome de la civilisation des Xeelees de Stephen Baxter : Accrétion, l’occasion de le signaler sur ce blog surtout que le premier chapitre est disponible gratuitement en téléchargement !

Voici ce qu’en dit le New Scientist:

… Clarke, Asimov et Heinlein sont les très rares à avoir réussi pareil tour de force : écrire une SF basée sur une science exacte et où l’extrapolation mêle plaisir de lecture et vertige. Baxter les rejoint désormais.

Pour le commander : Accrétion par Le Bélial’

Accrétion par Stephen Baxter

Accrétion par Stephen Baxter

 

Manchu

Mon premier lien avec un livre de Science-Fiction est toujours sa couverture. L’imaginaire de mondes inconnus passe par le visuel et même en lisant les mots d’un texte c’est tout un univers visuel que je créé dans l’étroitesse de mon cerveau. Le procédé est identique lorsque j’écris des nouvelles, je vois mon histoire, je l’imagine par les yeux de mes personnages et j’ai donc l’habitude de multiplier les stimuli sensoriels(affiche, payasage, photo, musique, sons…).

En tant que lecteur j’ai toujours apprécié deux illustrateurs : celui que l’on ne présente plus, Wojtek Siudmak dont le site vous transportera en d’autres horizons (Une touche de Dali non ?), et Manchu, illustrateur français qui a signé de très belles couvertures. Comparé à Siudmak, les oeuvres de Manchu sont empreintes de réalisme ce qui permet d’ajouter une certaine crédibilité au contenu du livre comme vous pouvez le voir sur ces quelques exemples :

Les tours de Saramante de Norbert Merjagnan

Les tours de Saramante de Norbert Merjagnan

Treis, altitude zéro de Norbert Merjagnan

Treis, altitude zéro de Norbert Merjagnan

Les chants de la Terre Lointaine d'Arthur C. Clarke

Les chants de la Terre Lointaine d’Arthur C. Clarke

Illustration pour Tau zéro de Poul Anderson

Illustration pour Tau zéro de Poul Anderson

Couvreture de Vortex de Robert Charles Wilson

Couvreture de Vortex de Robert Charles Wilson

Gladius_0818_Manchu_Le_Sceptre_Du_Hasard

Le spectre du hasard / Manchu

Ainsi si, comme moi, vous aimez les illustrations de Manchu, je vous invite à acquérir son livre « Science (fiction) » dont voici le quatrième de couverture signé Gerard Klein:

Comme la plupart de ses collègues voués à illustrer des œuvres de science-fiction, de fantastique ou de fantasy, Manchu soutient un défi apparemment impossible. Le public attend des représentations réalistes d’univers littéraires et imaginaires constitués avec des mots. Dans l’art difficile du réalisme impossible, Manchu est certainement l’un des meilleurs, voire le meilleur, comme le montrent les peintures réunies dans ce volume.
Gérard Klein

manchu

 

Et pour ne rien perdre de l’illustrateur, suivez son blog : Manchu.

Evolution

Un court billet suite à une image vue sur le réseau social Facebook. Il s’agit d’une image sur l’Evolution, une théorie scientifique combattue à coup de croyance par le créationisme, très en forme aux Etats-Unis. Je ne parlerais pas dans ce message du créationisme, stupidité qui me rappelle toujours une citation d’Isaac Asimov :

L’anti-intellectualisme a été un fil conducteur qui serpente à travers notre vie politique et culturelle, nourrie par la fausse idée que la démocratie signifie que «mon ignorance vaut autant que vos connaissances»

Je parlerais juste de la fausse idée répandue sur la théorie de l’Evolution. Nombre de personnes voient l’Homme comme le résultat d’un progrès biologique (au sens évolution orientée vers un progrès), un procédé qui renforcerait leur vision de la supériorité de l’Homme sur le reste du rêgne animal… Et ces mêmes personnes associent de manière erronée leurs convictions avec la théorie de l’évolution. (Qu’il est courant d’entendre d’ailleurs que l’Homme n’est pas un animal. Ah bon ? Serait-il une plante ? Un minéral ?…). Il sont en celà bien aidés, poussés sur la voie glissante de l’approximation scientifique, du pseudo-scientisme par la célèbre image de « l’évolution de l’Homme » : cette image représentant différents ancêtres de l’Hominidé actuel de gauche à droite pour finir à L’Homme moderne. Notez bien l’aspect linéaire de gauche à droite, sens de lecture qui renforce la perception de progrès comme sur une ligne temporelle orientée vers le futur…

Pourtant rien de plus faux, l’interprêter ainsi c’est en réalité la vision de la « scala naturae », l’échelle des êtres, l’ordre « naturel » où l’Homme (bizarrement…) domine, très en vogue à la renaissance. La nature est hierarchisée, l’Homme en haut de la pyramide comme le résultat d’un progrès continu de la Nature.

Alors qu’est-ce que l’Evolution ? L’Evolution est la transformation de groupes d’individus d’une même espèce (une population) sur une longue période de temps par l’action de la sélection naturelle. Cette sélection naturelle est un processus qui favorise les individus adaptès à leur milieu.

Par leur caractère hasardeux, la Nature et l’évolution peuvent faire ressortir des gênes et des caractères conduisant à l’extinction d’une espèce si le milieu change. Ce n’est pas une amélioration d’une espèce : plus forts, plus rapides, … C’est une adaptation aux contraintes du milieu (même si cela peut conduire à une complexification).

Pour résumer cette différence entre Scala naturae et Evolution, voici l’image dont je vous parlais au départ, bien plus explicite que mes maigres explications :

true_evolution

Et pour se rappeler que l’Homme moderne n’est qu’une espèce parmi tant d’autres, voici juste un arbre des mammifères : http://www.onezoom.org/mammals.htm, dont vous retrouverez une vidéo ci après.

Un schéma des différentes espèces et leurs ramifications :

Par Leonard Eisenberg

Par Leonard Eisenberg

Mais que chacun se rassure… A ma petite échelle et sans que la Nature intervienne, je suis aussi une certaine évolution :

evolution

La nouvelle « Scala Naturae » : l’ordinateur au sommet de la pyramide ? 🙂

Une dernière pour la route : « L’homme descend du singe ». Cette phrase véhicule plusieurs choses selon les personnes, une parenté biologique directe singe – homme, une sorte de séparation animal/homme (= l’Homme serait issu d’un animal mais a atteint un autre stade), une vue hierarchisée : L’Homme supérieur.

Faux:  1) Le singe est biologiquement un sous groupe particulier. 2) l’Homme n’est pas « à part »,  il est un Primate au sens propre, une espèce de primate parmi d’autres (dont nos cousins les singes), ni supérieur, ni inférieur aux autres espèces.

Quelques sites:

Idées fausses sur la théorie de l’évolution

wikipédia, théorie évolutionniste

wikipedia, théorie synthétique de l’évolution

wikipédia, la sélection naturelle

Evolution, dossier du CNRS

Kindle whitepaper : premières impressions

Je suis un accro du livre, le style maniaque qui ne l’ouvre pas trop pour ne pas abîmer la couverture, ne plie ou ne corne jamais une page et préfère l’antique marque-page indolore pour mon livre chéri. Les livres, je ne les jette jamais, au pire je me détache de certains pour leur donner une seconde vie en occasion lorsque vraiment je les trouve très mauvais… Résultat mes murs se tapissent de bibliothèques selon l’algorithme éprouvé :

– si une bibliothèque est pleine de livre => acheter une bibliothèque pour les suivants

– si une bibliothèque est vide => la remplir.

Bref je redoute le moindre déménagement devant le poids de livre à transporter.

Parallèlement à cela, je suis informaticien, je pense code et je respire numérique. L’ordinateur ? Un outil de chaque instant, je bosse avec, je blog avec, j’écris (aussi) des nouvelles avec. Mais paradoxalement, j’ai les plus grandes difficultés à lire un texte de plus d’une page sur un écran (que mon patron se rassure, celà ne concerne pas les rapports 😉 ). Péréquation difficile pour un pro-numérique… Alors la liseuse, y passer ou pas ? La question me tarabusquait depuis un moment.

kindle-whitepaper

Finalement, je me décidais fin 2012 et j’écrivais ma lettre au Père Noël (j’avais été très sage): ce serait un Kindle whitepaper, la dernière liseuse d’Amazon. Comme pour faire durer un peu plus longuement le suspens, Amazon ne pouvait livrer avant début février… Délai lié à une poltique de contre-attaque sur le marché européen (notamment face au Kobo de la fnac en France) à Noël avec un produit intialement prévu pour la fin du 1er trimestre 2013. Bref, en attendant j’ai continué à tourner les pages et respirer l’odeur du papier, avec de rares infidélités sur IPhone (bien utile dans les transports en commun surchargés).

Le weekend dernier, surprise ! Un paquet Amazon de la taille d’un livre et le fameux Kindle paperwhite (wifi) à l’intérieur, en avance sur son retard (j’espère que vous suivez toujours). Depuis plusieurs jours je lis donc intensement dessus (y ayant ajouter quelques soixante livres répartis entre histoire japonaise, science-fiction et livres sur l’écriture, en français ou en anglais) et je me suis dit qu’un bilan de mes premières impressions pourrait être intéressant.

Tout d’abord, la technologie : e-ink (encre électronique en français). Très différente des affichages LCD, le texte est agréable à lire sans fatigue visuelle constatée. Visuellement on dirait la page d’un livre avec des lettres précises et bien définies sur un fond uni (je reviendrais plus loin sur ce point), rien à voir avec les tablettes tant à la mode ces derniers temps.

La taille de l’écran: un peu plus grand qu’un livre de poche (me semble-t-il), la surface de lecture est un bon compromis entre lisibilité et encombrement (je peux le glisser dans la poche de mon blouson, certe assez grande). Divers rêglages sont possibles entre luminosité, taille de la police, écart de l’interligne ou marges… Très vite j’ai personnalisé mon affichage pour obtenir une police de taille supérieure à celle d’un livre de poche: j’avais enfin le confort de lecture d’un grand format pour un prix raisonnable ! Il y a des textes que je ne pourrais plus relire en poche après cette expérience, je pense notamment à une version de « La horde du contrevent » (d’Alain Damasio) au texte serré sur plus de 500 pages en poche.

amazon-kindle-paperlight

Ma vitesse de lecture: je lis depuis le début de la semaine « Black Man » de Richard Morgan que ce soit le soir au lit, dans le salon ou debout dans les transports en commun… Je suis pour l’instant un peu plus long à parcourir les pages qu’avec un livre physique. Pas vraiment un critère, mais j’évaluerais à nouveau ce point après plus d’habitude (pour note, 27% du livre lus en trois jours).

Un atout de cette version du Kindle est son rétro éclairage qui permet une lecture en pleine obscurité sans lampe de poche… Une vraie avancée pour la vie de couple :-). Le rétro-éclairage est de qualité et la lecture reste agréable même la nuit, par contre l’emplacement de l’éclairage en bas de l’écran créé à faible intensité de petits halo rendant le fond moins uni sur la dernière ligne. Sans être vraiment gênant (celà se voit surtout en zone obscure) ce sera pour moi le seul point négatif de l’appareil, bien compensé par le fait de pouvoir lire tranquillement en toute circonstance : jour / nuit / contre jour / plein soleil…

J’avais choisi le Kindle face au Kobo notamment pour son lien direct avec le magasin Amazon (lisant beaucoup en anglais, c’est mon premier fournisseur) et je n’ai pas été déçu : connecté par wifi, le lecteur peut à tout moment acheter des livres en 1 clic et le recevoir directement sur son Kindle, tout est très intégré. Choisir le Kindle c’était aussi assumer de ne pouvoir lire que le format d’ebook propriétaire d’Amazon (l’AZW dans ses différentes versions) et un peu de Mobi ou de Pdf. Pas de souccis, j’achète régulièrement des Epub chez Emaginaire, et il suffit de les convertir et les transférer avec le logiciel Calibre. Un outil indispensable et très puissant qui vous permettra de convertir dans tous les formats existants.

Enfin un dernier gadget qui pourra sembler anodin au lecteur occasionnel : en bas à gauche de la page de lecture vous pouvez afficher le temps de lecture restant jusqu’à la fin du livre ou jusqu’à la fin du chapitre (basé sur votre vitesse actuelle). Combien de fois, minuit arrivant, l’alarme rêglée sur 6h30, je me suis dit : « Ah, allez, encore un chapitre, ça va vite »… Et puis un chapitre en appelle un autre, et finalement je rejoins Morphée sur le coup des 2h… Voilà une fonction pour moi ! Je décide à l’avance si j’attaque le chapitre suivant ou pas en connaissance de cause ! (Ouf, merci Amazon pour mon sommeil)

Voilà pour une première série d’impressions… J’écrirais un nouveau billet sur cet outil lorsque j’aurais un peu plus de recul sur mon utilisation quotidienne. Ce sera aussi l’occasion de discuter du temps d’autonomie de la batterie.

Sur le site Amazon : le Kindle whitepaper.

Auto-édition ?

Avec la lente percée du numérique en France (lente… Particulièrement en France), les modes de publication bougent peu à peu. Avênement du numérique, plus besoin de produire un livre au sens physique, il « suffit » de réaliser un fichier électronique moyennant un peu de patience et d’application (pour le fond ça ne changera rien aux qualités de l’auteur…)…

Jean-Claude Dunyarch offrait même un tutoriel pour réaliser ses propres ebooks : créer soi-même ses ebooks.

De fait l’auto-édition a fortement augmenté, pratique simplifiée par des plateformes comme celles d’Amazon. Même les échos en parlent : portée par l’arrivée d’Amazon, l’auto-édition s’étend en France (en même temps tout le monde écrit dessus non ? Comme ce billet 😉 ). Mais qu’en est-il vraiment de la vie d’un auto-édité ? Pas un auteur connu s’auto-éditant ou un écrivain connaissant déjà l’édition, mais un aspirant auteur comme il y a tant, nourri de cette petite flamme qui pousse à écrire et, que je suis certain, plusieurs lecteurs de ce billet sentent en eux… Je vous propose de suivre à l’occasion l’actualité d’un blog récent qui revient sur ses productions auto-éditées de 2012:

Point d’étape

Bilan 2012 et comment obtenir de la lisibilité

L’expérience est encore jeune mais il sera sûrement intéressant d’en observer l’évolution.

A titre de comparaison pratique dans le domaine de l’édition traditionnelle, je vous propose de consacrer un peu de temps à lire un retour d’expérience d’un auteur français de l’imaginaire (plusieurs livres déjà publiés): Bilan 2011 – Combien gagne un (petit) écrivain, suivi du Bilan 2012 – Combien gagne un écrivain (de seconde zone).

Allez, je ne peux vous laisser ainsi abattus (mais où sont les best sellers de l’auto-publication ?), voici une interview d’Agnés Martin-Lugan dont l’ebook « Les gens heureux lisent et boivent du café » a été classé numéro 2 des top ventes d’ebooks d’Amazon : Pourquoi en numérique – entretien avec Agnés Martin-Lugan.

Plus près de toi

Greg Egan est un des auteurs majeurs de la Science-Fiction moderne. Il écrit depuis 1983 principalement de la Hard Science-fiction (hard sf), vous me direz, normal pour un mathématicien australien. Mais au delà du support scientifique de ses textes, c’est une intention philosophique qui en émane. La nouvelle « Plus près de toi » n’échappe pas à la rêgle ainsi que le recueil « Axiomatique » dans lequel vous pourrez la trouver.

axiomatique
Néanmoins pour faire ce petit retour je me suis basé sur une version antérieure de la même nouvelle et disponible en français sur le site de quarante-deux : http://www.quarante-deux.org/recits/egan/nouvelles/pres.html (Et voilà ce que l’on gagne à me lire ici: de la bonne lecture à moindre frais 😉 ). La nouvelle est parue en 1992, le recueil Axiomatique en 2006.

Le récit de cette nouvelle débute par un rapide rappel du solipsisme; souvenez-vous, cette idée que l’ensemble du monde perçu étant subjectif (car c’est une expérience par l’intermédiaire de nos sens et interprétée par le cerveau), il pourrait n’y avoir d’autres réalités que soi-même (sorte de « je pense donc les autres en sont l’émanation »). Cette base posée, le narrateur nous relate sa quête de la compréhension de l’autre dans le cadre d’un couple. Comment le comprendre pleinement ? Le personnage testera alors tous les moyens mis à sa dispositions : changements de sexe, utilisation de clones, échange de corps… Des possibilités permises par une technologie employée dans plusieurs nouvelles par l’auteur : Le cristal. Un outil qui enregistre numériquement la conscience/âme avant de remplacer complètement le cerveau humain. Muni de ce dispositif toutes les techniques du numérique sont alors possibles : stockage, copie, fusion… Au fil de son exploration le personnage s’approchera toujours un peu plus près de sa quête du dépassement de la barrière des sens jusqu’à une fin passionnante.

Peu de surprise à ce que ce texte me plaise, ce sont des sujets : la réalité, les sens, qui questionnent directement sur ce que l’on est et ce que l’on perçoit, des thématiques qui m’ont toujours été chères.

Je vous conseillerais de lire le recueil « Axiomatique » pour retrouver une autre nouvelle, « En apprenant à être moi », qui traite du Cristal et du « basculement » du cerveau humain au cristal, un texte prenant et une vraie réussite. Un recueil tout en questionnement, une SF intelligente comme je les aime… Où la technologie est un support pour permettre la mise en situation et la réflexion.

Des fleurs pour Algernon

Première chronique de nouvelle pour le challenge « Je lis des nouvelles et des novellas » avec la célèbre nouvelle de Daniel Keyes: « Des fleurs pour Algernon ».

En préambule, je voudrais préciser qu’il s’agit de la nouvelle « originale » d’une trentaine de page que l’on peut lire à la fin de l’ouvrage « Algernon, Charlie et moi. Trajectoire d’un écrivain » aux éditions nouveaux millénaires. La nouvelle reçut le prix Hugo en 1960. A ne pas confondre avec la version roman du même titre.

Algernon-couv

Algernon est la nom d’une souris blanche à qui une opération chirurgicale a triplé le niveau d’intelligence. Charlie, trentenaire déficient intellectuellement, est le premier cobaye humain qui va subir la même opération. Une opération qui devrait tripler son QI (de 68 points).

Daniel Keyes, nous plonge directement dans la peau de Charlie, adulte à l’écriture très approximative et difficile qui perçoit le monde sous un regard naïf. La nouvelle est le compte rendu écrit par Charlie, sorte de journal intime. On s’amuse souvent à la compréhension décalée de Charlie, ce qui nous parait évident est bien différent et complexe pour lui. Mais Charlie veut comprendre, il voudrait être comme les autres : intelligent, alors il prend des cours de lecture et d’écriture et ira même à servir de cobaye sans bien comprendre les tenants et aboutissants de l’opération. Une seule chose compte : devenir intelligent, être comme les autres. C’est une motivation que l’auteur rend à la perfection et rend le personnage expremement touchant.
Le coeur de l’histoire relate son progressif changement de perception du monde avec la montée de l’intelligence.
Elle l’oblige à reconsidérer cruellement sa vision du monde et des hommes. Quels étaient donc ces amis qui se riaient de lui sans que lui-même le comprenne ? Quelles sont les motivations des gens ? Pour Charlie le monde perd sa couleur plutôt rose pour se décliner en dégradé de gris. Et au delà de son désir d’intégration au monde en devenant plus intelligent, c’est de la tolérance et du regard des autres dont nous parle Charlie.
Après avoir atteint des sommets d’intelligence, Charlie redescendra aussi vite la pente de l’intelligence pour se retrouver au stade de départ, perdant la perspicacité difficilement acquise lors de son changement psychologique, et le lecteur souffre en pensant à ce retour en arrière, ce retour à un environnement où les gens le traiteront à nouveau différemment.

Cette nouvelle a toujours été à mes yeux une perle sur les problèmes de la tolérance et le regard des autres, non parce que le sujet soit nouveau – malheureusement ? – mais par la capacité de l’auteur à nous faire vivre celà à la première personne. L’opération qui rend Charlie intelligent est un magnifique outil pour modifier la compréhension du monde et changer le point de vue sur une situation sans changer de narrateur.
Emouvante et intelligente, c’est une lecture que je conseille à tous, quelques soient vos préférences de lecture; de plus le reste du livre traitant de la vie de l’auteur et de la génèse de cette histoire, cela ne manquera pas d’intéresser les auteurs en herbe.

Un dernier mot sur le classement de la nouvelle en Science-fiction. J’ai pu lire parfois que certains la sortaient de ce genre (peut-être parce qu’ils ont du mal à accepter le fait d’aimer un texte s’il appartient à la science-fiction 🙂 ) parce que le texte ne contient pas de gadgets futuristes ou n’est pas centré sur une technologie futuriste. Je crois que c’est bien mal connaître la SF, un genre où la technologie ou la projection dans le futur, spécialement dans les nouvelles, est souvent un moyen de parler de notre présent ou de mettre en d’autres situations des personnages. Pour moi, Des fleurs pour Algernon, est effectivement de la SF – écrite en 1960 – qui emploie une technique de chirurgie avancée (dont nous ne savons rien) pour faire progresser l’intelligence.

A bientôt pour la suite du challenge…

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