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Kindle whitepaper : premières impressions

Je suis un accro du livre, le style maniaque qui ne l’ouvre pas trop pour ne pas abîmer la couverture, ne plie ou ne corne jamais une page et préfère l’antique marque-page indolore pour mon livre chéri. Les livres, je ne les jette jamais, au pire je me détache de certains pour leur donner une seconde vie en occasion lorsque vraiment je les trouve très mauvais… Résultat mes murs se tapissent de bibliothèques selon l’algorithme éprouvé :

– si une bibliothèque est pleine de livre => acheter une bibliothèque pour les suivants

– si une bibliothèque est vide => la remplir.

Bref je redoute le moindre déménagement devant le poids de livre à transporter.

Parallèlement à cela, je suis informaticien, je pense code et je respire numérique. L’ordinateur ? Un outil de chaque instant, je bosse avec, je blog avec, j’écris (aussi) des nouvelles avec. Mais paradoxalement, j’ai les plus grandes difficultés à lire un texte de plus d’une page sur un écran (que mon patron se rassure, celà ne concerne pas les rapports 😉 ). Péréquation difficile pour un pro-numérique… Alors la liseuse, y passer ou pas ? La question me tarabusquait depuis un moment.

kindle-whitepaper

Finalement, je me décidais fin 2012 et j’écrivais ma lettre au Père Noël (j’avais été très sage): ce serait un Kindle whitepaper, la dernière liseuse d’Amazon. Comme pour faire durer un peu plus longuement le suspens, Amazon ne pouvait livrer avant début février… Délai lié à une poltique de contre-attaque sur le marché européen (notamment face au Kobo de la fnac en France) à Noël avec un produit intialement prévu pour la fin du 1er trimestre 2013. Bref, en attendant j’ai continué à tourner les pages et respirer l’odeur du papier, avec de rares infidélités sur IPhone (bien utile dans les transports en commun surchargés).

Le weekend dernier, surprise ! Un paquet Amazon de la taille d’un livre et le fameux Kindle paperwhite (wifi) à l’intérieur, en avance sur son retard (j’espère que vous suivez toujours). Depuis plusieurs jours je lis donc intensement dessus (y ayant ajouter quelques soixante livres répartis entre histoire japonaise, science-fiction et livres sur l’écriture, en français ou en anglais) et je me suis dit qu’un bilan de mes premières impressions pourrait être intéressant.

Tout d’abord, la technologie : e-ink (encre électronique en français). Très différente des affichages LCD, le texte est agréable à lire sans fatigue visuelle constatée. Visuellement on dirait la page d’un livre avec des lettres précises et bien définies sur un fond uni (je reviendrais plus loin sur ce point), rien à voir avec les tablettes tant à la mode ces derniers temps.

La taille de l’écran: un peu plus grand qu’un livre de poche (me semble-t-il), la surface de lecture est un bon compromis entre lisibilité et encombrement (je peux le glisser dans la poche de mon blouson, certe assez grande). Divers rêglages sont possibles entre luminosité, taille de la police, écart de l’interligne ou marges… Très vite j’ai personnalisé mon affichage pour obtenir une police de taille supérieure à celle d’un livre de poche: j’avais enfin le confort de lecture d’un grand format pour un prix raisonnable ! Il y a des textes que je ne pourrais plus relire en poche après cette expérience, je pense notamment à une version de « La horde du contrevent » (d’Alain Damasio) au texte serré sur plus de 500 pages en poche.

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Ma vitesse de lecture: je lis depuis le début de la semaine « Black Man » de Richard Morgan que ce soit le soir au lit, dans le salon ou debout dans les transports en commun… Je suis pour l’instant un peu plus long à parcourir les pages qu’avec un livre physique. Pas vraiment un critère, mais j’évaluerais à nouveau ce point après plus d’habitude (pour note, 27% du livre lus en trois jours).

Un atout de cette version du Kindle est son rétro éclairage qui permet une lecture en pleine obscurité sans lampe de poche… Une vraie avancée pour la vie de couple :-). Le rétro-éclairage est de qualité et la lecture reste agréable même la nuit, par contre l’emplacement de l’éclairage en bas de l’écran créé à faible intensité de petits halo rendant le fond moins uni sur la dernière ligne. Sans être vraiment gênant (celà se voit surtout en zone obscure) ce sera pour moi le seul point négatif de l’appareil, bien compensé par le fait de pouvoir lire tranquillement en toute circonstance : jour / nuit / contre jour / plein soleil…

J’avais choisi le Kindle face au Kobo notamment pour son lien direct avec le magasin Amazon (lisant beaucoup en anglais, c’est mon premier fournisseur) et je n’ai pas été déçu : connecté par wifi, le lecteur peut à tout moment acheter des livres en 1 clic et le recevoir directement sur son Kindle, tout est très intégré. Choisir le Kindle c’était aussi assumer de ne pouvoir lire que le format d’ebook propriétaire d’Amazon (l’AZW dans ses différentes versions) et un peu de Mobi ou de Pdf. Pas de souccis, j’achète régulièrement des Epub chez Emaginaire, et il suffit de les convertir et les transférer avec le logiciel Calibre. Un outil indispensable et très puissant qui vous permettra de convertir dans tous les formats existants.

Enfin un dernier gadget qui pourra sembler anodin au lecteur occasionnel : en bas à gauche de la page de lecture vous pouvez afficher le temps de lecture restant jusqu’à la fin du livre ou jusqu’à la fin du chapitre (basé sur votre vitesse actuelle). Combien de fois, minuit arrivant, l’alarme rêglée sur 6h30, je me suis dit : « Ah, allez, encore un chapitre, ça va vite »… Et puis un chapitre en appelle un autre, et finalement je rejoins Morphée sur le coup des 2h… Voilà une fonction pour moi ! Je décide à l’avance si j’attaque le chapitre suivant ou pas en connaissance de cause ! (Ouf, merci Amazon pour mon sommeil)

Voilà pour une première série d’impressions… J’écrirais un nouveau billet sur cet outil lorsque j’aurais un peu plus de recul sur mon utilisation quotidienne. Ce sera aussi l’occasion de discuter du temps d’autonomie de la batterie.

Sur le site Amazon : le Kindle whitepaper.

Auto-édition ?

Avec la lente percée du numérique en France (lente… Particulièrement en France), les modes de publication bougent peu à peu. Avênement du numérique, plus besoin de produire un livre au sens physique, il « suffit » de réaliser un fichier électronique moyennant un peu de patience et d’application (pour le fond ça ne changera rien aux qualités de l’auteur…)…

Jean-Claude Dunyarch offrait même un tutoriel pour réaliser ses propres ebooks : créer soi-même ses ebooks.

De fait l’auto-édition a fortement augmenté, pratique simplifiée par des plateformes comme celles d’Amazon. Même les échos en parlent : portée par l’arrivée d’Amazon, l’auto-édition s’étend en France (en même temps tout le monde écrit dessus non ? Comme ce billet 😉 ). Mais qu’en est-il vraiment de la vie d’un auto-édité ? Pas un auteur connu s’auto-éditant ou un écrivain connaissant déjà l’édition, mais un aspirant auteur comme il y a tant, nourri de cette petite flamme qui pousse à écrire et, que je suis certain, plusieurs lecteurs de ce billet sentent en eux… Je vous propose de suivre à l’occasion l’actualité d’un blog récent qui revient sur ses productions auto-éditées de 2012:

Point d’étape

Bilan 2012 et comment obtenir de la lisibilité

L’expérience est encore jeune mais il sera sûrement intéressant d’en observer l’évolution.

A titre de comparaison pratique dans le domaine de l’édition traditionnelle, je vous propose de consacrer un peu de temps à lire un retour d’expérience d’un auteur français de l’imaginaire (plusieurs livres déjà publiés): Bilan 2011 – Combien gagne un (petit) écrivain, suivi du Bilan 2012 – Combien gagne un écrivain (de seconde zone).

Allez, je ne peux vous laisser ainsi abattus (mais où sont les best sellers de l’auto-publication ?), voici une interview d’Agnés Martin-Lugan dont l’ebook « Les gens heureux lisent et boivent du café » a été classé numéro 2 des top ventes d’ebooks d’Amazon : Pourquoi en numérique – entretien avec Agnés Martin-Lugan.